mercredi 21 novembre 2007
Désormais, mes nouvelles publications se feront à l'adresse suivante :
http://dessaimsdemots.canalblog.com/
Bonne visite et bonne lecture,
à bientôt,
NH.
lundi 12 novembre 2007
Petite crapule
J’aime, j’aime, j’aime, oh ce que j’aime
Quand tu m’appelles,
Avec tes yeux amoureux,
Ma petite crapule !
Car ces mots sonnent comme un poème,
Et j’y décèle
Un je t’aime, un je te veux,
En lettres majuscules.
Tes lèvres qui frôlent mon oreille,
Murmurant ce qui en moi éveille
Des envies de grimper aux rideaux,
Me donnent des ailes dans le dos !
J’aime, j’aime, j’aime, oh ce que j’aime
Quand tu m’appelles,
Avec tes yeux amoureux,
Ma petite crapule !
Car ces mots luisent comme des gemmes,
Et m’ensorcèlent
Leurs éclats, leurs mille feux…
Tu m’embrases, me brûles,
Ton souffle sur mon lobe érogène
Secouent les galeries souterraines
De mon corps devenu brasero ;
Me voilà fin prêt pour un tango !
J’aime, j’aime, j’aime, oh ce que j’aime
Quand tu m’appelles,
Avec tes yeux amoureux,
Ma petite crapule !
Car ces mots sonnent comme un poème,
Et j’y décèle
Un je t’aime, un je te veux,
En lettres majuscules !
Texte protégé :
Je ne suis pas
Je ne suis pas intégriste,
Je ne suis pas terroriste,
Je ne suis pas anarchiste,
Je ne suis pas communiste,
Je ne suis pas socialiste,
Je ne suis pas réformiste,
Ni gaulliste, ni gréviste…
Qui donc a dit atlantiste ?
Je ne suis rien, et j’insiste,
Qu’un gredin d’opportuniste !
Je suce le sang d’un cochon rose.
Pas celui dans lequel vous glissez,
A travers une fente,
Vos fonds de poches ! Moi,
Je ne suis pas la dame des pièces jaunes !
J’aime trop la chair dodue et rose
Pour aller grogner ou militer ;
Les rues effervescentes,
Les grands chefs rabat-joie,
Je vous les laisse, avec tout votre hexagone !
Je ne suis pas affairiste,
Je ne suis pas carriériste,
Je ne suis pas altruiste,
Je ne suis pas utopiste,
Je ne suis pas violoniste,
Je ne suis pas royaliste,
Ni fumiste, ni touriste…
Quoi ? Vous dites sarkozyste ?
Je rectifie, et j’insiste :
Sachez qu’on dit sarcocyste !
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Sarcocyste : n.m. / parasite du tissu musculaire de certains animaux (porcs, chevaux, bovins, ovins...) causant une affection parasitaire qui se traduit chez l'animal par un véritable chapelet de petites tumeurs.
Texte protégé :
Un cœur qui reste
Les aubes lapis-lazulis
D’autrefois ne se lèvent plus,
L’automne les tient assoupies
Dans ses nuits perdues.
Que peut-on contre les desseins de la vie,
Lorsque celle-ci referment ses fenêtres,
Disparaissant dans un sommeil infini,
Que peut-on sinon partir aussi, peut-être,
Avec le vent ?
Il faisait bon dans l’insouciance,
Demain avait un goût de miel,
Elle était loin la sénescence…
Plus loin que le ciel !
Que peut-on contre l’aquilon, quand il frappe
A la saison des rêves évanouis ?
Un cœur qui reste, se peut-il qu’il échappe
Aux bruines d’un novembre amarré à lui
Pour très longtemps ?
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La rumeur
Elle court si bien le marathon…
Quelle endurance !
Elle fait la tournée des maisons…
Quelle patience !
Qui sait si elle se nomme vérité,
Affabulation, nuisance, ou perfidie ?
Qui est assez sûr pour pouvoir affirmer
Qu’elle ne ment pas, quand elle pleure ou rit ?
Elle court plus vite qu’un jaguar…
Quelle puissance !
Elle sème, de troquets en bars,
Son influence ;
L’avez-vous déjà vue haranguer les foules,
Avec ses talents de grande hypnotiseuse ?
Elle allume, dans chaque esprit, une ampoule ;
Combien sauront éteindre cette veilleuse,
Qui finit par aveugler du monde ?
Quelle malchance !
Les crédules rejoignent la ronde…
Quelle imprudence !
Si demain une preuve infirme ses dires
Déformés, gondolés, grossis, la rumeur
Laissera derrière elle tout un navire
De penauds, à la merci des profondeurs…
Mais pour l’heure, elle va, joyeuse, et...
Quelle souffrance
Pour sa proie calomniée, humiliée !
Quelle violence
Pour le malheureux éclaboussé !
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lundi 5 novembre 2007
Les pipeaux de la blogosphère
Souffle, souffle une légère brise,
Volent, volent des mots dans le vide…
Mon Dieu ! Mon Dieu ! Ces vies incomprises,
Comme elles paraissent insipides !
Ça conjugue des verbes de bulles,
Ni noirs, ni blancs, au mieux gris et tièdes,
Ça dégrafe des robes de tulle
Sans classe, et le skaï des mâles cède ;
Tout est bon pour exhiber le cœur,
Exposer l’intime aux quatre vents :
Appels du pied, clins d’œil racoleurs,
Couleurs criardes, clichés, slogans…
Ça veut se raconter, s’épancher,
Se donner du relief, pourquoi pas,
Tout le monde a le droit d’exister
Comme Nicolas ou Rachida !
Feuilletez donc les pages de rots
Qu’éructent ces anges impudiques,
Et vous verrez qu’ils n’ont dans le dos
Qu’une paire d’ailes en plastique !
Souffle, souffle une brise légère
Au creux de la vallée des zéros…
Mon Dieu ! Mon Dieu ! Que la blogosphère
Me fait peur, quand sifflent ses pipeaux !
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Baronne
Dans l’abécédaire
Des bonnes manières,
Tes leçons prennent toute la place
Et… tu nous lasses
Avec tes paroles !
Mais ma pauvre folle,
Le monde n’est pas un grand château,
Ce n’est qu’un zoo !
Les éléphants, les léopards, les vieux mandrills,
Les kangourous, les oursons bruns, les lionceaux,
Les grues, les paons qui se regardent le nombril,
Les gros boas, les tigres blancs qui font les beaux,
Les loups craintifs, les colverts, les hippopotames,
Les capucins, les siamangs, les makis cata,
Les tortues de Floride, molles vieilles dames
Qui coulent des jours paisibles près des lamas,
Et tous ceux que ma liste ne te cite pas,
Crois-tu qu’ils entendent
Tout ce que tu scandes ?
Ils ont d’autres préoccupations !
Mais attention,
Je n’ai jamais dit
Qu’ils sont tous polis !
C’est juste que tu en fais des tonnes,
Baronne !
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Entretien avec un métrosexuel
Je chéris les supermarchés bios,
Par peur de mourir empoisonné.
Pour le contrôle de mes kilos,
Je n’ai pas peur d’aller dépenser
Du temps, des calories, des euros,
Dans les salles de torture… Allez !
Dites-moi que je suis le plus beau !
Important, l’apparence ?
Je ne manque jamais l’occasion
De me commander onguents et crèmes
Pour maintenir ma peau de poupon ;
A mort boutons, points noirs, érythèmes !
Et je suis, par simple précaution,
Un traitement capillaire, même
Si Kojak est loin d’être mon nom.
Noceur ou… pantouflard ?
La nuit, j’aime sortir dans Paris,
Dîner japonais à La Roquette,
Cuisine inventive à Saint-Merri,
Applaudir au théâtre les têtes
D’affiches, boire du Mumm aussi,
A un vernissage ou une fête
Sur une péniche, entre dandys.
Week-ends… Rome ou Campagne ?
Une à deux fois dans le mois, j’emmène
Ma moitié découvrir d’autres villes,
Leurs pavés, leurs légendes urbaines…
Voir du pays pour des xénophiles,
Dieu, quelle chance ! Et si l’oxygène
Poitevin nous serait plus utile,
Elle est trop sage pour nous, la Vienne.
Vos plus belles folies ?
Si vous veniez me rendre visite,
Je vous montrerais ma collection
De tableaux, des Magis, des Bastit,
Qui mettent en valeur mon salon
Qu’un de ces designers émérites,
Très couru, imagina selon
Mon goût pour le style hétéroclite.
Argent, fin ou moyen ?
Je gagne un salaire à la hauteur
De mes désirs, de mes appétits,
Mais je l’ai voulu de tout mon cœur,
Prônant un certain mode de vie
Qui ne saurait souffrir la fadeur
Des rêves nourris avec des si…
Me croire vénal est une erreur !
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Les chips
Mettez sous mon nez l’or de Vico,
Et je ne réponds de rien !
Pour m’amadouer, le Pépito,
Le cookie américain,
Le sorbet au melon de Miko,
Ou le nougat montilien,
Sont aussi efficaces que l’eau
Quand j’ai demandé du vin !
On me convia à prendre le thé,
Samedi après-midi ;
Mon hôtesse, pensant m’épater,
Fière d’elle me servit
Un crumble aux mangues de Guinée
Fait maison ; Je lui souris,
La couvris d’éloges controuvés…
Que je sais être poli !
Mais des pétales salés et blonds
Fleurirent dans mes pensées,
Je m’imaginais dans mon salon
En train de m’en délecter.
Je deviens un vrai petit glouton
Devant tout un saladier
Débordant de ces choses… Crénom !
Il me faut me raisonner !
Car si je commence, croyez bien
Que je ne m’arrête plus !
Et les ordres du diététicien
Sont clairs : les chips, révolus !
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lundi 29 octobre 2007
La majorquine
Toi, Fille de Majorque,
Passe ta robe bleue,
Epingles-y ta broche flamboyante !
Eblouis-nous d’été,
Désaltère nos yeux,
Love-nous dans tes vagues froufroutantes !
Si tu n’es pas New York,
Tu es ce que tu peux.
Mais nul ne peut te prendre pour servante !
Hispanique beauté,
Tes palmiers de cheveux
Font pâlir d’envie la moindre passante…
Cette allemande à la crinière bicolore
N’a rien de ta grâce ; On dirait une pécore
Pour qui raffinement est un mot si savant
Qu’il n’a jamais étreint le rebord de ses dents !
Enivre-nous, Palma,
Nitescente citrine
Sertie sur le nombril d’une princesse !
Eblouis-nous d’été,
Lorsque Paris s’obstine
A cracher sa grise humeur, la bougresse !
Si tu n’es pas Bahia,
C’est qu’une majorquine
Ne doit pas être une autre enchanteresse ;
Ta Méditerranée
Chante tes origines,
Elle, qui depuis toujours te caresse…
Je te présente mon amour, mon ange blond ;
Nous venons tous les deux nous aimer sur ton front
Embelli d’œillets d’Inde, de jaune, et d’orange.
Nous voici papillons au soleil de ta frange.
Fille de Majorque,
Tu n’es ni New York,
Ni Bahia, qu’importe,
Tu n’es pas encor morte !
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Aux marches du Palais de France
Aux marches du Palais de France,
Lézardées par les turbulences,
La Reine a préféré l’ailleurs,
Loin des courbettes, des honneurs.
Refusant la lourde couronne
Sur sa tête de polissonne,
L’insoumise aux mille facettes
A pris la poudre d’escampette.
Son monarque de mari cloue
Le bec aux briseurs de tabous !
Ah… la pudeur, décidément,
N’est plus de ce monde, maman !
Aux marches du Palais de France,
Où le vernis des apparences
N’a pas tenu sous la pression
D’irréductibles rédactions,
La pâlotte fille de l’est
A préféré la grande sieste,
A l’ombre des murs élevés
D’une existence plus privée ;
Elle y soignera ses angines,
Elle y recevra ses copines…
Cela ne nous concerne plus !
Bon vent, Madame, adieu, salut.
Aux marches du Palais de France,
Lieu des plus folles arrogances,
Une autre viendra-t-elle un jour
Pour aimer le Roi à son tour ?
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Soir de grève
D’un abribus, un soir de grève,
A une chambre où s’impatiente
Son rendez-vous, son plan de rêve,
Le retardataire, en attente
D’un bus, rassure la bimbo
Qu’il doit rejoindre, et se profilent
Sur l’écran des bribes de mots ;
Le voilà planté dans la ville,
Le pouce aimanté
Aux touches lettrées
Du petit clavier…
Message envoyé !
Le joujou sonne et s’illumine
Quand une enveloppe clignote ;
La blonde s’enrage et fulmine :
Fais preuve d’un peu de jugeote,
Prends un taxi, loue un vélo,
Vole un scooter… mais presse-toi,
Ou le champagne sera chaud
Et ma flamme morte de froid !
Le pouce aimanté
Aux touches lettrées
Du petit clavier,
Réponse envoyée :
Je fais ce que je peux, tu sais,
Tous les taxis sont pris d’assaut.
Voler un scooter ? Ça jamais !
Et il ne reste aucun vélo…
A mesure que le temps passe,
Le ciel s'assombrit à Picpus ;
C’est l’Amérique Montparnasse
Quand il n’est ni métro ni bus !
Le pouce aimanté
Aux touches lettrées
Du petit clavier…
Excuse envoyée !
Un dernier bip retentira :
Tant pis, quelqu’un t’a devancé,
Je viens de lui ouvrir mes draps.
Ne viens plus, ton heure est passée !
« Satanés mouvements sociaux ! »
Marmonne le triste perdant,
Qui abandonne au caniveau
Un joli bouquet de lys blancs.
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Bonne Pomme
Les fées penchées sur son berceau
Ce jour d’hiver qui la vit naître
Ne lui firent pas de cadeau,
Il nous faut bien le reconnaître !
Ces bécasses lui insufflèrent
Une surdose d’innocence,
Un tempérament débonnaire
Qui se lit sur son apparence…
Près d’un tiers de siècle plus tard,
On la nomme encor Bonne Pomme ;
Pas un brin d’esprit revanchard !
S’en donnent à cœur joie les hommes.
On lui promet soleil et lune,
Son cœur de mousse est incapable
De tenir la moindre rancune
Aux rodomonts, hâbleurs pendables,
Qui se sont tous passé le mot :
Sonne à sa porte, elle ouvrira ;
Dis-lui que ses yeux sont plus beaux
Que le printemps sur les lilas,
Elle n’y verra que du feu.
Et quand tu l’auras dans ton lit,
Demande-lui ce que tu veux,
Elle répondra toujours ‘‘oui’’ !
Quatre divorces dans le dos,
Un cinquième en cours… quel gâchis !
On ne compte plus les panneaux
Dans lesquels son minois s’est pris.
Bonne Pomme pleure souvent,
Mais ne retient pas les leçons !
Ses sœurs ne savent plus comment
Lui apprendre à oser le ‘‘non’’.
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lundi 1 octobre 2007
Hools
Bandes rivales assaillant le Parc,
Chacune acclamant haut et fort ses Princes,
La Boulogne, tribune en forme d’arc,
Incandescente sous les coups de pinces,
Marmites bouillonnant au fond des ventres,
Prêtes à déflagrer au moindre élan
De provocation dardé par les chantres
Fanatiques des onze concurrents…
Est-ce plus par amour du ballon rond
Ou par simple plaisir de chahuter
Qu’ils sont venus, ces pitbulls, ces gloutons
Friands de pugilats, d’échauffourées ?
Le sport semble être un prétexte idéal !
Un hooligan ne jouit que s’il casse,
S’il envoie l’adversaire à l’hôpital…
Qu’on le traque et lui refuse la place !
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François, Bernard, Brice, et les autres...
Un navire taillé dans du bois précieux,
Repu d’or et d’argent, nargue les rivages
D’où se noient les fourmis oubliées des dieux ;
La douleur va survivre à tous les mirages,
C’est la loi de la vie ! Qui propose mieux ?
François, Bernard, Brice, et les autres bluffeurs,
Arborent des sourires de requins blancs
Prêts à déchiqueter tout agitateur
Qui les défierait sans armure et sans gant.
Je jette à l’eau mes mots pour vaincre ma peur,
Et rire de les voir fiers de leur pouvoir
D’apparence, tandis que leur capitaine
Les a réduits en sbires bons qu’à savoir
Effrayer le plancton ! Ces croque-mitaines
Ne sont que néons pour embellir le soir !
François, Bernard, Brice, et les autres forbans,
Ont gagné le droit de danser sur le pont
Du beau navire émaillé d’or et d’argent,
Taillé dans du bois précieux, mais leur chanson
S’étouffe déjà dans les sanglots du vent…
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