vendredi 9 mars 2007
Une bouffée, une autre encore...
Ma chair inerte, en récidive,
N’est plus qu’une enveloppe lasse
Ouverte à l’azur des fumées.
L’âme qu’elle abrite se prive
De tout, sauf de cette herbe grasse
Dûment consommée, consumée…
Une bouffée, une autre encore,
Et la faiblesse me dévore !
L’aube est une nuit éternelle
Qui ferait mentir les pendules,
Même les moins désaccordées.
Le soleil a perdu ses ailes
Dans le trou noir d’un crépuscule
Qui n’a déjà que trop duré,
Mais j’entends mon sang qui m’implore :
« Une bouffée, une autre encore… »
Où sont allés les camarades,
Les complices des jours sans brume ?
Et quel air gonfle leurs poumons,
Pendant que je me barricade
Dans mon aquarium d’amertume
Qui sent les cendres du gazon ?
Une bouffée, une autre encore…
Il faut que les maux s’évaporent !
Texte protégé :
Le fou du puits
Au cœur d’une forêt de murs de verre,
Un puits laisse déborder son eau claire,
Répandant sa semence prometteuse
Jusqu’au fin fond des entrailles terreuses
D’un monde mort de ses désillusions ;
Un monde qui se fout bien qu’on arrose
Sa sécheresse d’un peu d’horizon,
Puisqu’il ne croit presque plus en grand chose !
Mais, parmi ceux qui se disent dupés,
Il en est un qui est venu goûter
A l’espérance, généreusement
Offerte à qui voudrait le changement
Comme décor d’une révolution…
Alors, la foule l’a traité de fou :
« Dis à ton puits que nous avons raison,
Qu’une terre inondée, c’est de la boue ! »
Texte protégé :
André Courrèges et Mary Quant
Est-ce André Courrèges ?
Ou bien Mary Quant ?
Qui des deux eut le premier l’idée
De dévisager
Les genoux des prudes demoiselles ?
C’est qu’avant Courrèges,
Avant Mary Quant,
Les jupes tombaient sur les mollets,
Et jamais, jamais,
Nul n’eut l’audace d’être infidèle
Aux institutions conventionnelles !
C’est grâce à Courrèges,
Grâce à Mary Quant,
Jeunes filles, que dorénavant
Vous tirez le vent
Plus haut encor, jusqu’à vos dentelles !
Merci à Courrèges,
Thank you Mary Quant,
Car c’est le vent de la liberté
Auquel vous goûtez,
Et qui allume dans la prunelle
Des yeux masculins mille étincelles…
Texte protégé :
Rome antique
L’hiver est doux sur les hauteurs
De la Colline du Palatin ;
Janvier nous épargne ses pleurs,
Les garde pour un autre matin…
Des romains et leurs romaines,
Des touristes par centaines,
Des pigeons qui les escortent
Jusqu’au Domus Aurea,
Des calèches qui transportent
Regards, sourires béats…
Que le diable les emportent,
Moi, je ne suis que tes pas !
L’hiver est doux aux alentours
De la noble Colonne Trajane ;
Janvier, paré de beaux atours,
Vers le Capitole se pavane…
Et la Piazza Venezia
S’offre aux yeux des caméras
Qui tournent, sauvegardant
Des souvenirs numériques ;
Les enfants et leurs mamans
Prennent des poses classiques,
Moi, c’est ton regard aimant
Qui me rend photogénique !
L’hiver est doux entre tes bras
Comme ce baiser que tu me voles ;
Rentrons nous blottir sous les draps,
Il me vient soudain une envie folle…
Texte protégé :






