lundi 19 mars 2007
C'est beau une ville, la nuit
Les impacts de balles se sont endormis,
On ne les voit plus !
Les murs défigurés tombent dans l’oubli,
Comme tant de rues
Peuvent enfin dissimuler leur laideur !
Les cités-dortoirs, flétries, trouvent un peu
De tranquillité,
Evincées par l’éblouissement des feux,
Savamment braqués,
Sur tout ce qui doit être mis en valeur !
C’est beau une ville, la nuit, quand la baignent
Toutes ses lumières,
Quand, avec le jour, ses malfaçons s’éteignent…
Elle fait la fière,
Mais l’œil averti sait que l’or est trompeur.
Texte protégé :
Qu'on laisse aller mon âme...
Qu’on laisse aller mon âme en paix,
Ma chair a déjà trop souffert !
Mille merci pour le muguet ;
Il faisait froid, encor hier.
Ma chair a déjà trop souffert,
Libérez-moi de mon impasse !
Il faisait froid, encor hier,
Quand décembre était sur la place.
Libérez-moi de mon impasse,
De cette loi qui me torture !
Quand décembre était sur la place,
Vous admiriez ma chevelure.
De cette loi qui me torture,
Je ne comprends pas la morale !
Vous admiriez ma chevelure,
Vous me trouviez d’humeur joviale…
Je ne comprends pas la morale
Qui me retient dans mon malheur !
Vous me trouviez d’humeur joviale…
Qui peut mesurer ma douleur !
Qui me retient dans mon malheur
Ne sait rien de ce que je sais !
Qui peut mesurer ma douleur ?
Qu’on laisse aller mon âme en paix !
Texte protégé :
Fenêtre sur rue
Des trous céruléens se perdent dans du gris…
La marmite est coiffée d’un couvercle indécis.
Eclaircies hésitantes,
Averses en attente,
S’envoient poliment des « après vous je vous prie ».
Et la rue m’est offerte ;
Son pavé, lentement, entre en ébullition.
Les autos, ne maîtrisant plus leur reptation,
Dessinent des zigzags,
Pour éviter les vagues
De troupeaux qui traversent sans faire attention…
Mes yeux sont en alerte.
Peu à peu, les vitrines remontent leurs jupes
Jusqu’à leur front, afin de s’en faire des huppes,
Exhibant leurs atouts
Sans pudeur, sans tabou,
Mais tous les moutons qui passent ne sont pas dupes.
Mon temps court à sa perte…
Derrière ses pensées, la voisine d’en face,
Comme tous les matins, a déjà repris place.
Est-elle trop naïve
Pour croire, pauvre grive,
Que son chasseur viendra replomber sa carcasse ?
Ce goujat court au loin après une bécasse.
Le voyeur que je suis
Est au courant de tout !
Je serais mort d’ennui
Sans ma rue, je l’avoue…
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Bon anniversaire
Une autre perle prend place
Sur le fil fragile de l’existence.
Comme les ans sont fugaces !
Où vont-ils, après leur déliquescence ?
Ne fais donc pas la grimace !
Combien de perles déjà
As-tu enfilé ? N’aie pas le tournis !
Si chacune a son éclat,
Ses taches, ses flous, ses ombres, ses stries,
Ta jeunesse est encor là…
Ne t’impatiente jamais
De pouvoir enfin admirer l’ouvrage,
Un tel collier n’est pas fait
Pour être porté avant l’ultime âge !
Tu auras bien en effet
Tout le temps après la fin du voyage…
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