Tant qu'il y aura du feu...

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mercredi 28 mars 2007

Le Judas nouveau

  Le_Judas_nouveau

Descends de ton carrosse,

Pose un pied sur la place,

Ton petit doigt promet que la foule de bulles

Est à bonne température ;

Jette-toi donc à l’eau !

 

 

Descends de ton carrosse,

Bannis moues et grimaces !

Pour séduire, arrondis tes crocs blancs de crapule,

Fais l’humain, l’ami qui rassure

Et choisis bien tes mots !

 

 

On te disait féroce,

Voici que tu embrasses

Deux joues, serres trois mains, détends tes mandibules…

Petite teigne a belle allure,

Savoure les bravos,

 

 

S’imagine molosse

Adoubé par la masse…

Qu’il est navrant de compter autant de crédules

Emerveillés par la parure

D’un soit disant Zorro !

 

 

Bientôt le temps des noces,

Au palais, mais la brasse

Est une nage qui se gagne sans scrupules ;

Tu n’es pas seul dans l’aventure !

Qui sera le héros ?

 

 

Tu apparais véloce,

T’inventes des audaces,

Moi, je prie le ciel pour te voir sur les rotules,

Sans souffle et sans plus d’envergure,

Toi, le Judas nouveau !

 

 

 

 

 

 

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Retrouvailles au clair de lune

  Retrouvailles_au_clair_de_lune

Dans l’ombre feutrée de la chambre-alcôve,

Je viens me glisser.

L’éclat tamisé de la lune chauve

Me laisse entrevoir

Les charmants contours de tes formes nues,

Fort bien dessinées.

Quand tu dors, tranquille, à quoi rêves-tu ?

Qui peut le savoir !

Mon corps étendu contre ton sommeil

Recherche ta peau,

Du haut de ton front jusqu’à tes orteils.

Ton cœur-métronome

Rythme le désir qui monte en mes veines,

Ma main sur ton dos

Frissonne et vogue jusqu’à perdre haleine ;

Bientôt, tu la sommes

De te conduire au bout de l’horizon !

Tes yeux s’écarquillent,

J’entends ta voix murmurer mon prénom

Et quelques mots doux…

Dans l’ombre feutrée de la chambre-alcôve,

Nos corps s’émoustillent

Sous l’œil indiscret de la lune chauve

Qui reste avec nous.

 

 

 

 

 

 

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Paul et Mick

  Paul_et_Mick

Dans un appartement sobre, mais élégant,

Habillé de lumière, un peu avant-gardiste,

Un havre de bonheur implanté sous les toits,

Ils posèrent leurs vies après leurs tours du monde ;

L’un quitta Coventry pour l’azur sévillan,

L’autre, parti d’Aras, se retrouva plagiste

Du côté de Fréjus, puis, gagna Managua…

Mais, c’est un soir de juin, à Talence, en Gironde,

Chez des amis communs, que le feu prit le temps

De s’immiscer dans leurs cœurs d’éternels touristes.

L’amour est impatient, l’amour a tous les droits !

Et ces deux bourlingueurs furent pris dans sa ronde.

 

 

Dans leur appartement sobre, mais élégant,

Habillé de lumière, un peu avant-gardiste,

Dans ces murs parisiens érigés sous les toits,

Jamais il ne s’écoule une seule seconde

Sans qu’ils ne s’imaginent parents d’un enfant !

Si le livre des lois fait d'eux des utopistes,

Paul et Mick, contre froids et gels, gardent la foi :

« L’eau de l’étang, un jour, fera sauter les bondes… »

 

 

 

 

 

 

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La complainte du vieux piano

La_complainte_du_vieux_piano 

Que sont devenus vos doigts de velours

Qui savaient tant me pianoter d’amour ?

Ne résonne plus, ici, que le bruit

D’un silence arctique, et… il fait trop nuit.

 

 

Vous rappelez-vous nos chaudes ballades,

Nos accords qui se donnaient l’accolade ?

Ne s’expriment plus, ici, que ratières,

Attrape-cafards, et… il fait poussière.

 

 

Où s’en sont allées les croches, les rondes,

Qui faisaient swinguer vos grues pudibondes ?

Ne repasse plus, ici, que l’ennui ;

La foule est ailleurs, et… il fait trop nuit.

 

 

J’aimais ce salon aux couleurs si vives

Dans lequel vous régaliez vos convives ;

Ne m’entoure plus, ici, que ma bière,

Coque sans sabords, et… il fait poussière.

 

 

Que sont devenues vos doigts de velours

Qui savaient tant me pianoter d’amour ?

Ne me dites pas qu’ils m’ont oublié

Pour six cordes sur un manche à gratter !

 

 

 

 

 

 

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Posté par Nhand à 00:36 - Série 05 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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