mardi 24 avril 2007
Lettre au nabot
Ton ego d’avide nabot,
Friand de gloire et de blandices,
Sue de par tous tes orifices :
Triomphalisme est un doux mot !
Fais voler tous tes javelots,
Tourner tes furieuses hélices !
Les détracteurs, les contemptrices
De ton art, risquent le cachot ;
Mais, commande autant de battues
Qu’il te plaira, le long des rues,
Je suis un lièvre indocile !
Même porté au premier rang,
Tu ne seras, pauvre imbécile,
Jamais, jamais mon Président !
Texte protégé :
Mes parents
Je suis la fusion de leurs sèves,
Le fruit de leur amour durable.
Même si je trace mes rêves
A mille miles de leur table,
Je garderai ancrée au cœur
La culture qu’ils m’ont transmise,
Tout en puisant d’autres valeurs
Dans d’autres vents, d’autres églises.
Au moment de faire des choix
Pour nous offrir un avenir
A mes deux sœurs, mon frère et moi,
Leurs esprits avaient su bannir
Peurs et pusillanimité,
Quitte à s’oublier quelque peu !
J’ai su grandir sans m’encombrer
D’ingratitudes. Et tant mieux !
Ils m’ont laissé prendre la route,
Sans jamais brider mes audaces !
Je sais ce que la vie me coûte,
Mais ils auront toujours leur place !
Bien sûr que je ne suis pas eux
Et qu’ils ne seront jamais moi !
Les frimas, les ciels orageux,
Pointent leurs faces quelquefois ;
Il n’est nul ange en cette terre,
Nous ne faisons pas exception
Puisque turbulences et guerres
Viennent dans toutes les maisons…
Pourtant, que je sanglote ou rie,
Leurs présence, souvent, me manque ;
Si je me dois d’aller ma vie,
Je sais, même les saltimbanques
Reviennent toujours à la source,
Alors je reviendrai encor
Chez eux. J’interromprai ma course,
Plus d’une fois, pour être au fort.
Je suis la fusion de leurs sèves,
Le fruit de leur amour constant.
Bien qu’un jour tout destin s’achève,
Que Dieu me les garde longtemps !
Texte protégé :
Les vautours
Attroupés autour
De la poule aux œufs d’or à l’agonie,
Voyez les vautours,
Comme ils rivalisent d’ignominie !
L’aïeule, la grand-tante,
Alitée, ne dit mot,
Se tait, fait l’innocente,
Sachant que, dans son dos,
Le neveu, la cousine,
Le petit-fils, la bru,
Jubilent en sourdine
Et croient l’heure venue
Chaque fois qu’un soupir
Laisse écarter ses lèvres,
Ou que vient à pâlir
Son front rouge de fièvre.
Toute sa vie durant,
Ces cupides gloutons
Lui montrèrent leurs grands
Sourires de félons,
Jouant à qui saurait
Le mieux se garantir
D’obtenir les billets,
Les terres, les saphirs…
Sauf que la guêpe, loin
De se laisser distraire,
Un beau jour, prit le soin
D’aller voir le notaire !
Rient vils et friponnes,
Mais riront bien qui riront les derniers !
Le chauffeur, la bonne,
Le facteur, la bouchère et l’infirmier
Seront demain les heureux héritiers !
Texte protégé :
Déjeuner sur l'herbe
Il aurait tant voulu
Etre son seul élu,
Lui découper le pain,
L’enivrer de son vin,
Lui porter à la bouche
La fraise, qu’elle louche
Sur sa chemise blanche,
Qu’elle ignore la tanche
Qui lui sert de mari,
Qui le croit son ami.
Il aurait tant aimé,
Sur l’herbe, lui conter
Fleurette et l’assoupir
D’un baiser, recueillir
Le nectar de sa langue…
Tandis que son cœur tangue
D’un amour indicible,
L’autre semble invincible !
Comment lui avouer
Qu’il voudrait l’évincer,
Qu’elle hante ses rêves,
Que tout en lui se lève
Pour elle ? Que la vie
Est une escroquerie !
Il aurait tant voulu
Etre son seul élu,
Mais l’épouse conquise
De son homme est éprise !
Texte protégé :






