samedi 28 avril 2007
La pêche miraculeuse
Le ciel d’avril a retroussé
Ses manches blanches,
Laissant alors se dénuder
Un bleu dimanche.
Vogue sur l’eau un chalutier…
« La moisson s’annonce abondante »
Ose hardiment le timonier
D’une voix sûre et provocante.
Il rêve d’être le premier
A gagner la place vacante ;
C’est qu’il est au large un endroit
Très convoité,
Grouillant de lingues, de baudroies…
Comment passer
A côté d’une telle aubaine ?
Quel pêcheur digne de ce nom
Irait promener sa misaine
Là où se dépeuplent les fonds ?
« Pas lui, pas notre capitaine »
Renchérissent ses moussaillons !
Le ciel d’avril a retroussé
Ses manches blanches,
Laissant alors se dénuder
Un bleu dimanche.
Craquent les filets saturés ;
La manne remonte en surface,
Quand la vigie vient à crier
« Menace à bâbord » ; Des rapaces
S’invitent aux festivités.
« Dieu que ces oiseaux sont voraces !
Mais, mieux vaut leur gloutonnerie
Qu’un pétrolier
Qui, l’air de rien, vous emboutit
Pour vous couler»
Conclue l’un des marins aigris.
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La vieille fille
Passent les vents, le temps, les nuages,
Flamants et cigognes déménagent,
Tout le long de la chaussée ronronnent
Des diesels aux calandres bougonnes.
Les étoiles jouent à cache-cache,
Il pourrait même venir des vaches,
Des martiens, des voyous, des prophètes…
Je n’ai séduit que des proxénètes !
Passent les mois, les saisons, les âges,
Croissent et fanent sur les treillages
La cobée, la belle coloquinte,
A chaque midi les cloches tintent…
Maints puceaux, veufs et célibataires
Semblent alléchés par l’adultère ;
Que trouverai-je au bout de l’attente ?
Ah…
Si j’avais été entreprenante…
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Kir royal
J’en ai bu des kirs, plus ou moins douceâtres,
Plus ou moins fins !
Incarnats ou rosâtres,
Je les aimais frais, qu’importait le vin.
Tandis qu’allait la toupie,
Me conquérait l’euphorie !
J’en ai bu des kirs, refusé des bières
Et des mauresques !
Pourquoi tant de manières ?
C’est que je trouvais le reste grotesque !
Tandis qu’allait la toupie,
Je devenais l’euphorie !
Un soir, ô stupeur, pénurie de blanc !
Qu’allais-je boire ?
Au doux cidre, au crémant,
Je préférai une liqueur de poire…
Mais dérailla la toupie,
Et s’envola l’euphorie !
« Le kir au champagne, il faut y goûter ! »
Me disait-on…
Fini l’aligoté,
Le kir depuis, s’il n’est royal, c’est non !
Tourne à nouveau la toupie,
Je retrouve l’euphorie !
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Calvi si
D’aucuns jureraient que le paradis sur terre
Est niché quelque part sous le ciel de Balagne,
Que l’or du jour n’a pas besoin d’un toit de verre
Pour y faire fleurir la côte et la montagne,
Qu’habitants, oliviers, vignes et fumeterres
Y ont trouvé, là-bas, leur pays de cocagne !
Un ami, né pourtant dans la brume lorraine,
Mussipontain de sang, prit femme, enfants et chat
Dessous le bras, cap vers le sud ; Envie soudaine
De respirer plus doux, loin du gris, des frimas,
De mettre du rouge à son teint de porcelaine,
D’ouvrir ses volets sur la blondeur de l’Alga
Dont il m’envoie souvent clichés, cartes postales,
Sans comprendre pourquoi je m’accroche à Paris.
De ma mansarde, j’ai vue sur la cathédrale,
La Seine et l’Hôtel-Dieu… J’irai à Calvi si
C’est juste pour quitter ma vieille capitale
Une semaine ou deux, mais… pour toute la vie ?
Allons donc ! Vous riez ? Nul ailleurs ne l’égale !
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