dimanche 8 juillet 2007
J'aurais tant à vous dire...
Une lettre après l’autre,
Je vous dessinais mes humeurs ;
Rimaient-elles aux vôtres,
Lorsque vos yeux de moissonneurs
Venaient les récolter
Pour vous ravitailler le cœur ?
De vous imaginer
Les ramasser comme des fleurs,
Au jardin de mes nuits
Où mes aubes prennent leurs sources,
M’encourage, aujourd’hui,
A me remettre dans la course.
D’insomnie en nuit blanche,
Je vous dévisageais mes jours ;
J’attendais ce dimanche
Pour vous raconter mon retour.
Reprenons, veuillez bien,
Le fil de nos correspondances,
Retissons tous les liens
Défaits au cours de ces vacances,
Dépoussiérons nos plumes ;
La mienne enterre son silence,
Renfile son costume
De grande hémophile et… se lance !
J’aurais tant à vous dire…
Permettez-moi d’abord de vous
Rassurer, vous écrire,
Que je me porte bien. Et vous ?
Texte protégé :
Embrasse ton amour
L’azur ce matin nettement dessine
Les lointains traits de la côte albanaise.
A nos pieds, la mer ionienne fait mine
D’ignorer la brune baleine anglaise,
L’acrimonieuse Eva et ses dauphines…
N’y pensons plus, embrasse ton amour !
Laissons nos cœurs s’improviser tambours !
« Paris meurt de pluie » chante la rumeur,
Kerkyra s’enfièvre à notre bonheur.
La Dame Judith aux lèvres carotte
Porte un pyjama trempé d’eau salée ;
La peau roussie par le soleil corfiote,
Elle offre aux baigneurs le grand défilé…
De quoi alimenter nos anecdotes !
N’y pensons plus, embrasse ton amour !
Laissons nos cœurs s’improviser tambours !
Kerkyra s’enfièvre à notre bonheur,
Nos élans de tourtereaux voyageurs.
Qui de la lune ou du Pantokrator
Voit le mieux combien nos âmes s’épousent
Et seyent parfaitement au décor ?
Toute la plage en est presque jalouse
Quand nous y harmonisons nos accords.
N’y pensons plus, embrasse ton amour !
Laissons nos cœurs s’improviser tambours,
Nos élans de tourtereaux voyageurs
Evacuer leur trop-plein de vapeurs !
Texte protégé :
Médisances
Du crâne de quel dadais
Sont tombées ces miettes de méninges ?
Vous séchez ?
Pourtant ce n’est pas très difficile,
Tout le monde connaît ce crétin !
Du cerveau,
Lui en reste-t-il encore ?
Déjà qu’il fut bien pauvre en lumière !
Donneriez-vous votre langue au chat ?
Allons ! Un effort, s’il vous plaît !
Un indice : on dirait un vrai singe
Excité
Sitôt qu’il a rechargé ses piles ;
Ses biceps épatent, mais enfin,
C’est un sot !
Ce béotien qui s’ignore
Croit philosopher sous sa visière,
En brassant du vent avec les bras…
Quel est diable ce dadais
Qui ne retrouve plus ses méninges ?
Vous séchez ?
A Hollywood il était l’agile
Qui faisait rêver tous les bambins
Du ghetto.
Ceux-ci, en fiers matamores,
Reprenaient Cyborg à leur manière,
S’imaginant stars de cinéma…
Non ! Non ! Non ! Je ne suis pas méchant,
Juste un brin persifleur et médisant…
Texte protégé :
Leitmotiv calendaire
En janvier,
Tu traînes des pieds,
Février
Te fait patienter,
Mars T’amène
Des idées obscènes ;
En avril,
Tu défais le fil !
Quand vient mai,
Tu croques des baies,
Juin t’envole
Et ton cœur s’affole…
En juillet,
Tu es au sommet.
Août, hélas,
Te remet en place !
En septembre,
Il pleut dans ta chambre.
Si octobre
Te veut sage et sobre,
Novembre aime
Panser tes œdèmes,
Et décembre,
Engourdir tes membres.
Texte protégé :






