dimanche 8 juillet 2007
La sieste
Sur une étendue d’émeraude,
Pelouse drapée de soleil,
J’ai posé mon corps éreinté.
Dieu que mes paupières sont lourdes !
Ça et là, lézards, moricaudes,
Tous cuisant ; Le parc est pareil
A une plage surpeuplée,
Sauf qu’ici, l’eau est dans les gourdes.
Les branches d’ifs jouent les faraudes
Tandis que j’offre mes orteils
Aux mains, aux lèvres de l’été
Dont la voix me berce l’esgourde.
Je m’enferme, en ces heures chaudes,
Dans l’écrin d’un profond sommeil ;
Un rêve m’entraîne au verger
Où tu exhibes tes lambourdes…
Comment mes papilles soûlaudes
Diraient-elles non au vermeil
De tes fruits mûrs bien rembourrés ?
A la raison, ma langue est sourde !
Un crachin, d’une chiquenaude,
Fait hélas sonner le réveil
Une seconde avant l’acmé !
Bravo le Ciel, pour cette bourde !
Soudain, l’étendue d’émeraude,
Naguère drapée de soleil,
Je la déserte, contrarié,
Mine grincheuse et l’âme gourde.
Texte protégé :
Hit parade
Une sirène siliconée,
Masquée de fard, se fraie un chemin ;
Claquements de cils, et remontée
Entre les nageoires des requins.
La belle va de sa ritournelle,
Vend charme et musiquette au rabais.
Pour ne pas en garder de séquelles,
Retour à toi ! Heureux je serai,
Tant qu’au hit parade de ton cœur
Tu me gardes la place d’honneur !
Un rachitique désarçonné
Chorégraphie son mièvre apologue
Dont les mots se meurent essoufflés
Dans cette cacophonie en vogue,
La voix d’un castrat brise des vitres,
Une diva gémit de longs pets,
Les groupies se dressent en arbitres…
Mais sois tranquille, heureux je serai
Tant qu’au hit parade de ton cœur
Tu me gardes la place d’honneur !
Texte protégé :
La girouette
S’emballent les trotteuses
Dans un seul sens, à l’infini,
Galope la rivière
Jusqu’au même fleuve depuis
La nuit des temps,
Ruminent les génisses
La grasse herbe verte, à jamais,
Rentrent les hirondelles
A chaque printemps que Dieu fait…
Pendant ce temps,
S’évertuent les hélianthes
A suivre l’astre qui vous hâle,
Tournicote le monde
D’une aube à l’autre, sans escale.
Avec le temps,
Muent pourtant mes humeurs ;
Mistral, orange sirocco,
Vent d’est ou tramontane…
C’est au plus offrant, illico,
Evidemment,
Que je confie ma rotation !
A gauche, à droite, c’est selon !
J’essaie toutes les directions !
Si nul courant, à l’horizon,
Ne pointe le bout de son souffle,
Je demeure plus immobile
Qu’un casanier dans ses pantoufles :
Je suis né opportuniste et versatile !
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Bulles
Je fais des bulles dans ma bulle,
Passe mon temps à soupirer,
Gonfler d’air le moindre interstice,
Le moindre espace qui prend place
Autour de mon corps en sursis.
De l’aube jusqu’au crépuscule,
Je tourne en rond, sans me lever.
Quel moment, quelle heure propice
Attends-je ainsi devant la glace
Qui me grimace sans répit ?
Je fais des bulles dans ma bulle,
Passe mes jours à murmurer
Au silence, l’ami complice,
Ce que mon cerveau me ressasse :
D'interminables litanies !
De l’aube jusqu’au crépuscule,
J’ai l’âme prête à chavirer.
J’agonis cette pythonisse
Qui me promit avec audace
Un avenir, des embellies…
Je fais des bulles dans ma bulle,
Fume mes rêves ravagés
Qui montent et s’évanouissent
Vers le plafond de mes impasses,
Lequel s’émiette sur ma vie.
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