vendredi 27 juillet 2007
Héros ou tricheurs
Faut-il que je le confesse ?
Les défis sportifs me laissent
Sans frénésie, sans passion !
Réservant courage, cran,
Ardeur, forces et talents
Pour d’autres formes d’actions,
Je reconnais toutefois
Que les princes de la pédale et du guidon
Ne redoutent pas l’exploit.
Sont-ils pour autant clairs avec leurs intentions ?
L’on me parle de substances
Qui donneraient résistance
Et vigueur à ces héros ;
Certains d'entre eux sueraient moins !
Je les regarde de loin,
L’oreille au vent des ragots,
Jusqu’au jour de vérité
Qui s’abat, tel un voile souillé, sur leur gloire ;
Lorsque la science a parlé,
Que reste-t-il de leurs prouesses illusoires ?
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L'inique châtiment
L’horizon, même d’azur,
Ne parvient plus à dessiner un sourire
Au coin de ses lèvres ;
Les cris des enfants qui jouent
Dans l’arrière-cour
Passent près de son oreille,
Mais elle n’entend plus que le mal de son ventre ;
Ce ventre qui s’arrondit,
Offrant chaque jour la preuve du péché
A ses délateurs,
Ses juges et ses bourreaux,
N’aurait jamais dû
Respirer, avant les noces,
Le vent de la vie, et la charia est formelle :
Demain, il pleuvra des pierres
Et des larmes de sang sur son corps d’impure !
C’est le châtiment
Qu’a mérité Abebi,
Reconnue coupable
De zina, pendant qu’ira
Libre le menteur qui nie l’avoir honorée.
Texte protégé :
Bravo madame !
As-tu franchi Bab Zanata
Pour visiter la Médina
D’où s’envolent senteurs d’orient,
Bruits de foule, et rires d’enfants ?
As-tu vu l’Arc de Marc Aurèle,
Joyau de la Rome éternelle,
Seul survivant d’un autre temps
Qui ne craint plus les quatre vents ?
As-tu savouré les splendeurs
Du Château Rouge dont l’ampleur
Domine, tout en majesté,
Cette surprenante cité ?
T’es-tu promenée du côté
De la Place Verte, écrasée
Par la moiteur des nuits festives
Et l’insouciance collective ?
Parle-nous donc de Tripoli,
Muette pour les gens d’ici…
Oh ! Mais bien sûr, que suis-je bête !
Madame, ailleurs, avait la tête !
Madame y était en affaires,
Pas en touriste, c’est très clair !
Il fallait faire en sorte que
Le colonel soit généreux !
Madame a réussi son coup :
Oter des griffes de ce fou
Des innocents injustement
Condamnés à mort. A présent,
On dira ce que l’on voudra,
Le crapaud, s’il veut, bavera,
Le chacal, s’il veut, aboiera,
Le crabe, s’il peut, pincera,
Elle a réussi, voilà tout,
Et le monde est à ses genoux,
Même s’il ne saura jamais
Ce qu’en secret elle aura fait
Pour donner corps à ce succès.
Bernard et Rama ? Hors sujet !
Bravo Madame, encor Bravo !
Souris, souris, pour la photo !
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Les bulldozers de Beijing
Les bulldozers de Beijing
Grondent inlassablement.
Structures de grand standing,
Hôtels et beaux bâtiments,
Peu à peu, sortent de terre.
Qui jadis connut Beijing
Ne la reconnaîtrait plus !
Mais le prix de son lifting
Cache la mise à la rue
De tant d’âmes en galère ;
Pour que la messe olympique
Tienne toutes ses promesses,
Les autorités pratiquent
Le mépris et la bassesse,
Expropriant sans vergogne
Ceux qui ne font pas le poids
Face à leur toute-puissance.
Les petits n’ont jamais droit
A une once d’indulgence
Devant la loi des charognes !
Xun avait une masure
Que ses mains avaient bâtie,
Sans couleur et sans allure…
Il n’en demeure aujourd’hui
Que des souvenirs émus.
Li Ming, Tsai Shen, Chang, Li, Zhou…
Tous autant indésirables,
Ont désormais rendez-vous
Avec l’enfer redoutable
Des trottoirs de l’inconnu.
Les bulldozers de Beijing
Grondent inlassablement.
Structures de grand standing,
Hôtels et beaux bâtiments,
Peu à peu, sortent de terre.
On applaudira Beijing !
On célèbrera le sport !
Mais…
Pendant la fête et le swing,
Combien remettront leur sort
Dans les bras de la misère ?
Texte protégé :






