lundi 1 octobre 2007
Hools
Bandes rivales assaillant le Parc,
Chacune acclamant haut et fort ses Princes,
La Boulogne, tribune en forme d’arc,
Incandescente sous les coups de pinces,
Marmites bouillonnant au fond des ventres,
Prêtes à déflagrer au moindre élan
De provocation dardé par les chantres
Fanatiques des onze concurrents…
Est-ce plus par amour du ballon rond
Ou par simple plaisir de chahuter
Qu’ils sont venus, ces pitbulls, ces gloutons
Friands de pugilats, d’échauffourées ?
Le sport semble être un prétexte idéal !
Un hooligan ne jouit que s’il casse,
S’il envoie l’adversaire à l’hôpital…
Qu’on le traque et lui refuse la place !
Texte protégé :
François, Bernard, Brice, et les autres...
Un navire taillé dans du bois précieux,
Repu d’or et d’argent, nargue les rivages
D’où se noient les fourmis oubliées des dieux ;
La douleur va survivre à tous les mirages,
C’est la loi de la vie ! Qui propose mieux ?
François, Bernard, Brice, et les autres bluffeurs,
Arborent des sourires de requins blancs
Prêts à déchiqueter tout agitateur
Qui les défierait sans armure et sans gant.
Je jette à l’eau mes mots pour vaincre ma peur,
Et rire de les voir fiers de leur pouvoir
D’apparence, tandis que leur capitaine
Les a réduits en sbires bons qu’à savoir
Effrayer le plancton ! Ces croque-mitaines
Ne sont que néons pour embellir le soir !
François, Bernard, Brice, et les autres forbans,
Ont gagné le droit de danser sur le pont
Du beau navire émaillé d’or et d’argent,
Taillé dans du bois précieux, mais leur chanson
S’étouffe déjà dans les sanglots du vent…
Texte protégé :
Les chanceux
Ah ce qu’ils sont chanceux de ne plus avoir
A saluer bien droit ces bouffons de paons !
Nos jeunes d’aujourd’hui n’iront jamais choir
Sous les ordres grossiers de ces fainéants !
Le béret aplati sur son crâne d’œuf,
Un sot de maréchal, qu’on dit des logis,
Se croyait fin quand il beuglait tel un bœuf :
« Obéissez ! Faisez ce que l’on vous dit ! »
Qui pour frotter, lustrer, astiquer, briquer
Carreaux, parquets, bureau de l’adjudant-chef,
Cour, place du rapport, pissoirs, escaliers… ?
Les recrues, qu’on exploitait pour pas bésef !
Ah ce qu’ils sont chanceux de ne plus avoir
A cirer les godillots des lieutenants !
Nos jeunes d’aujourd’hui n’iront jamais choir
Sous les ordres grossiers de ces arrogants !
Dix longs mois de légale séquestration,
Ça transforme l’intelligence en mélasse ;
J’avais fini par n’avoir qu’une ambition :
Mériter mes galons de Première Classe,
C’est dire à quel point je m’étais résigné
Au kaki sur ma peau de brave soldat
Exécutant garde-à-vous, lit au carré,
Marche au pas, rasage, et tout le tralala…
Ah ce qu’ils sont chanceux de ne plus avoir
A subir les aboiements des commandants !
Nos jeunes d’aujourd’hui n’iront jamais choir
Sous les ordres grossiers de ces pauvres gens !
Texte protégé :
La roue tournera
Si tes zygomatiques semblent préférer
Cumuler sans fin les heures supplémentaires,
Œuvrant à chaque instant pour que soient révélées
Tes dents « émail diamant » d’esbroufeur, c’est pour plaire
A ces béni-oui-oui dûment hypnotisés !
Mais la roue tournera…
Ça ira ! Ça ira !
Oui, tu tapes du poing sur ton pupitre bleu,
Semant graines de vent et bulbes de pipeau
Au champ des cœurs déçus, appâtés, peu soucieux
D’examiner de près le contenu de l’eau
Avec laquelle tu abreuves chacun d’eux,
Mais la roue tournera…
Ça ira ! Ça ira !
Oui, ton œil de renard, rusé jusqu’à l’iris,
Capte dans l’assistance tous les « je t’adore » !
Pailleté de succès, ton buste de Narcisse,
Dans son habit de noce se bombe et se dore :
C’est la consécration qui, peu à peu, se tisse,
Mais la roue tournera…
Ça ira ! Ça ira !
Moi, les nains de jardin arrogants et perfides
Qui coupent vilement les épines des roses
Et jouent dans les allées aux cadors intrépides,
Abusant de leur grade de petite chose,
Penses-tu vraiment que leur aura m’intimide ?
Oui, la roue tournera…
Et tu trébucheras !
Texte protégé :






