lundi 29 octobre 2007
La majorquine
Toi, Fille de Majorque,
Passe ta robe bleue,
Epingles-y ta broche flamboyante !
Eblouis-nous d’été,
Désaltère nos yeux,
Love-nous dans tes vagues froufroutantes !
Si tu n’es pas New York,
Tu es ce que tu peux.
Mais nul ne peut te prendre pour servante !
Hispanique beauté,
Tes palmiers de cheveux
Font pâlir d’envie la moindre passante…
Cette allemande à la crinière bicolore
N’a rien de ta grâce ; On dirait une pécore
Pour qui raffinement est un mot si savant
Qu’il n’a jamais étreint le rebord de ses dents !
Enivre-nous, Palma,
Nitescente citrine
Sertie sur le nombril d’une princesse !
Eblouis-nous d’été,
Lorsque Paris s’obstine
A cracher sa grise humeur, la bougresse !
Si tu n’es pas Bahia,
C’est qu’une majorquine
Ne doit pas être une autre enchanteresse ;
Ta Méditerranée
Chante tes origines,
Elle, qui depuis toujours te caresse…
Je te présente mon amour, mon ange blond ;
Nous venons tous les deux nous aimer sur ton front
Embelli d’œillets d’Inde, de jaune, et d’orange.
Nous voici papillons au soleil de ta frange.
Fille de Majorque,
Tu n’es ni New York,
Ni Bahia, qu’importe,
Tu n’es pas encor morte !
Texte protégé :
Aux marches du Palais de France
Aux marches du Palais de France,
Lézardées par les turbulences,
La Reine a préféré l’ailleurs,
Loin des courbettes, des honneurs.
Refusant la lourde couronne
Sur sa tête de polissonne,
L’insoumise aux mille facettes
A pris la poudre d’escampette.
Son monarque de mari cloue
Le bec aux briseurs de tabous !
Ah… la pudeur, décidément,
N’est plus de ce monde, maman !
Aux marches du Palais de France,
Où le vernis des apparences
N’a pas tenu sous la pression
D’irréductibles rédactions,
La pâlotte fille de l’est
A préféré la grande sieste,
A l’ombre des murs élevés
D’une existence plus privée ;
Elle y soignera ses angines,
Elle y recevra ses copines…
Cela ne nous concerne plus !
Bon vent, Madame, adieu, salut.
Aux marches du Palais de France,
Lieu des plus folles arrogances,
Une autre viendra-t-elle un jour
Pour aimer le Roi à son tour ?
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Soir de grève
D’un abribus, un soir de grève,
A une chambre où s’impatiente
Son rendez-vous, son plan de rêve,
Le retardataire, en attente
D’un bus, rassure la bimbo
Qu’il doit rejoindre, et se profilent
Sur l’écran des bribes de mots ;
Le voilà planté dans la ville,
Le pouce aimanté
Aux touches lettrées
Du petit clavier…
Message envoyé !
Le joujou sonne et s’illumine
Quand une enveloppe clignote ;
La blonde s’enrage et fulmine :
Fais preuve d’un peu de jugeote,
Prends un taxi, loue un vélo,
Vole un scooter… mais presse-toi,
Ou le champagne sera chaud
Et ma flamme morte de froid !
Le pouce aimanté
Aux touches lettrées
Du petit clavier,
Réponse envoyée :
Je fais ce que je peux, tu sais,
Tous les taxis sont pris d’assaut.
Voler un scooter ? Ça jamais !
Et il ne reste aucun vélo…
A mesure que le temps passe,
Le ciel s'assombrit à Picpus ;
C’est l’Amérique Montparnasse
Quand il n’est ni métro ni bus !
Le pouce aimanté
Aux touches lettrées
Du petit clavier…
Excuse envoyée !
Un dernier bip retentira :
Tant pis, quelqu’un t’a devancé,
Je viens de lui ouvrir mes draps.
Ne viens plus, ton heure est passée !
« Satanés mouvements sociaux ! »
Marmonne le triste perdant,
Qui abandonne au caniveau
Un joli bouquet de lys blancs.
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Bonne Pomme
Les fées penchées sur son berceau
Ce jour d’hiver qui la vit naître
Ne lui firent pas de cadeau,
Il nous faut bien le reconnaître !
Ces bécasses lui insufflèrent
Une surdose d’innocence,
Un tempérament débonnaire
Qui se lit sur son apparence…
Près d’un tiers de siècle plus tard,
On la nomme encor Bonne Pomme ;
Pas un brin d’esprit revanchard !
S’en donnent à cœur joie les hommes.
On lui promet soleil et lune,
Son cœur de mousse est incapable
De tenir la moindre rancune
Aux rodomonts, hâbleurs pendables,
Qui se sont tous passé le mot :
Sonne à sa porte, elle ouvrira ;
Dis-lui que ses yeux sont plus beaux
Que le printemps sur les lilas,
Elle n’y verra que du feu.
Et quand tu l’auras dans ton lit,
Demande-lui ce que tu veux,
Elle répondra toujours ‘‘oui’’ !
Quatre divorces dans le dos,
Un cinquième en cours… quel gâchis !
On ne compte plus les panneaux
Dans lesquels son minois s’est pris.
Bonne Pomme pleure souvent,
Mais ne retient pas les leçons !
Ses sœurs ne savent plus comment
Lui apprendre à oser le ‘‘non’’.
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