lundi 5 novembre 2007
Les pipeaux de la blogosphère
Souffle, souffle une légère brise,
Volent, volent des mots dans le vide…
Mon Dieu ! Mon Dieu ! Ces vies incomprises,
Comme elles paraissent insipides !
Ça conjugue des verbes de bulles,
Ni noirs, ni blancs, au mieux gris et tièdes,
Ça dégrafe des robes de tulle
Sans classe, et le skaï des mâles cède ;
Tout est bon pour exhiber le cœur,
Exposer l’intime aux quatre vents :
Appels du pied, clins d’œil racoleurs,
Couleurs criardes, clichés, slogans…
Ça veut se raconter, s’épancher,
Se donner du relief, pourquoi pas,
Tout le monde a le droit d’exister
Comme Nicolas ou Rachida !
Feuilletez donc les pages de rots
Qu’éructent ces anges impudiques,
Et vous verrez qu’ils n’ont dans le dos
Qu’une paire d’ailes en plastique !
Souffle, souffle une brise légère
Au creux de la vallée des zéros…
Mon Dieu ! Mon Dieu ! Que la blogosphère
Me fait peur, quand sifflent ses pipeaux !
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Baronne
Dans l’abécédaire
Des bonnes manières,
Tes leçons prennent toute la place
Et… tu nous lasses
Avec tes paroles !
Mais ma pauvre folle,
Le monde n’est pas un grand château,
Ce n’est qu’un zoo !
Les éléphants, les léopards, les vieux mandrills,
Les kangourous, les oursons bruns, les lionceaux,
Les grues, les paons qui se regardent le nombril,
Les gros boas, les tigres blancs qui font les beaux,
Les loups craintifs, les colverts, les hippopotames,
Les capucins, les siamangs, les makis cata,
Les tortues de Floride, molles vieilles dames
Qui coulent des jours paisibles près des lamas,
Et tous ceux que ma liste ne te cite pas,
Crois-tu qu’ils entendent
Tout ce que tu scandes ?
Ils ont d’autres préoccupations !
Mais attention,
Je n’ai jamais dit
Qu’ils sont tous polis !
C’est juste que tu en fais des tonnes,
Baronne !
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Entretien avec un métrosexuel
Je chéris les supermarchés bios,
Par peur de mourir empoisonné.
Pour le contrôle de mes kilos,
Je n’ai pas peur d’aller dépenser
Du temps, des calories, des euros,
Dans les salles de torture… Allez !
Dites-moi que je suis le plus beau !
Important, l’apparence ?
Je ne manque jamais l’occasion
De me commander onguents et crèmes
Pour maintenir ma peau de poupon ;
A mort boutons, points noirs, érythèmes !
Et je suis, par simple précaution,
Un traitement capillaire, même
Si Kojak est loin d’être mon nom.
Noceur ou… pantouflard ?
La nuit, j’aime sortir dans Paris,
Dîner japonais à La Roquette,
Cuisine inventive à Saint-Merri,
Applaudir au théâtre les têtes
D’affiches, boire du Mumm aussi,
A un vernissage ou une fête
Sur une péniche, entre dandys.
Week-ends… Rome ou Campagne ?
Une à deux fois dans le mois, j’emmène
Ma moitié découvrir d’autres villes,
Leurs pavés, leurs légendes urbaines…
Voir du pays pour des xénophiles,
Dieu, quelle chance ! Et si l’oxygène
Poitevin nous serait plus utile,
Elle est trop sage pour nous, la Vienne.
Vos plus belles folies ?
Si vous veniez me rendre visite,
Je vous montrerais ma collection
De tableaux, des Magis, des Bastit,
Qui mettent en valeur mon salon
Qu’un de ces designers émérites,
Très couru, imagina selon
Mon goût pour le style hétéroclite.
Argent, fin ou moyen ?
Je gagne un salaire à la hauteur
De mes désirs, de mes appétits,
Mais je l’ai voulu de tout mon cœur,
Prônant un certain mode de vie
Qui ne saurait souffrir la fadeur
Des rêves nourris avec des si…
Me croire vénal est une erreur !
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Les chips
Mettez sous mon nez l’or de Vico,
Et je ne réponds de rien !
Pour m’amadouer, le Pépito,
Le cookie américain,
Le sorbet au melon de Miko,
Ou le nougat montilien,
Sont aussi efficaces que l’eau
Quand j’ai demandé du vin !
On me convia à prendre le thé,
Samedi après-midi ;
Mon hôtesse, pensant m’épater,
Fière d’elle me servit
Un crumble aux mangues de Guinée
Fait maison ; Je lui souris,
La couvris d’éloges controuvés…
Que je sais être poli !
Mais des pétales salés et blonds
Fleurirent dans mes pensées,
Je m’imaginais dans mon salon
En train de m’en délecter.
Je deviens un vrai petit glouton
Devant tout un saladier
Débordant de ces choses… Crénom !
Il me faut me raisonner !
Car si je commence, croyez bien
Que je ne m’arrête plus !
Et les ordres du diététicien
Sont clairs : les chips, révolus !
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